TAIKYOKU, essence du Karaté

Taikyoku, ensemble des premiers Kata enseignés aux débutants,  aurait été modifié par Gichin Funakoshi, fondateur du "Shotokan Karatedo", père du Karaté moderne, suite à l'influence de son fils Yoshitaka ; mais il faut savoir qu'il existe deux étymologies pour Taikyoku.

taikyoku-gichin-funakoshi-lithographie

Gichin Funakoshi (1869 - 1957)

Yoshitaka Funakoshi qui recherchait passionnément avec d'autres universitaires, à réduire le Karaté à sa plus simple expression, créa 3 Kata Taikyoku. Créés à l'origine en ne retenant ainsi que l'essentiel, c'est-à-dire l’immédiate efficacité à coup sûr. Seul, au final, ce qui avait résisté à ses coupes sombres devait être, dans son esprit, poussé aux limites du possible : force, vitesse, précision, unité d'action corps-esprit, à travers les techniques les plus dépouillées.

Un terme philosophique, Taikyoku, est aussi employé pour représenter le "Grand Tout". Dans cette orientation la finalité spirituelle du Kata prédomine.

Interprété comme un Kata de "formation du corps" ou comme le Kata "de l'action ultime", tel est Taikyoku.

Ces Kata sont compréhensibles à plusieurs niveaux : aux débutants, ils enseignent tout d'abord les premières attitudes du corps et les premiers principes de déplacement ; aux experts, ensuite, ils rappellent dans leur simplicité la pureté vraie à laquelle il faut retourner, la seule chose qui mérite d'être retenue quand on se sera défait de tout l'inutile...

En finalité, il convient par conséquent de mesurer la véritable portée de ces Katas "de débutants" avec attention et modestie...

En outre, tous les styles ont leurs Kata de "formation du corps", à l'usage des débutants, avant leur passage à l'étude des Kata plus physiquement élaborés. Ils sont d'ailleurs toujours relativement récents.

Seuls les Kata du Taikyoku du style Shotokan portent une orientation philosophique ; continuer à le pratiquer et à l'enseigner, est donc une façon de rappeler le but profond de tous les Kata, du simple au plus compliqué.

Les premiers Taikyoku enseignaient à se mouvoir en huit directions, les formes modernes n'en retiennent que quatre.

Le plan (Embusen) a la forme d'un H ou de deux T tête-bêche et superposés.

Tous les Kata Taikyoku comprennent le même nombre de mouvements, 20.

A l'origine, seules les 3 premières versions (Shodan, Nidan, Sandan) existaient ; les 3 suivantes furent crées, des années après, en Europe.

Points clés

  • S'entraîner à des mouvements rapides, puissants, stables et enchaînés avec rythme.
  • Pousser 2 Kïaï dans chaque Kata : aux temps 9 (fin de la phase aller) et 17 (fin de la phase retour).
  • Rechercher très vite la sensation du combat. "Aller vite mais ne pas courir" : le temps moyen pour le déroulement d'un Kata est d'une quarantaine de secondes.
  • Essayer de vivre dans l'action les trois maximes visant à l'essence des Taikyoku car :
  1. "En karaté, il n'y a pas d'avantage dans la première attaque" (Gichin Funakoshi)
  2. "Dans chaque direction on doit sentir l'origine de la possibilité d'absorption d'une force" (Tsuneyoshi Ogura)
  3. "Il est plus profitable d'exécuter Taikyoku en continu sur 3, 5, ou 15 minutes plutôt qu'en 5 secondes" (Shigeru Egami)

A propos des Katas en général

Tout d'abord, les Kata ne sont ni des danses, ni des rituels, seulement des exercices reflétant la réalité du combat.

Ceux-ci constituent un recueil de techniques fondamentales d'auto-défense.

Leur réalisation enseigne la gestuelle corporelle et l'exécution correcte de la technique.

En conclusion, les Kata doivent se réaliser correctement et avec puissance, le pratiquant s'imaginant combattre réellement car ils conduisent à une préparation physique et mentale au combat.

Aller à la page Introduction

Top